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Les ailes collées de Sophie de Baere

« Parce qu’il l’a compris : une norme, ça se crée par inadvertance. Ça n’a pas de réelle nécessité. Et même, ça peut être ce qu’il y a de plus minable. Au fond, c’est juste un nombre. Le plus grand nombre. »

𝕃𝕖𝕤 𝕒𝕚𝕝𝕖𝕤 𝕔𝕠𝕝𝕝é𝕖𝕤 𝕕𝕖 𝕊𝕠𝕡𝕙𝕚𝕖 𝕕𝕖 𝔹𝕒𝕖𝕣𝕖
384 pages, gagné au concours organisé par Squirelito et le réseau social de lecteurs lecteurs.com. Merci à eux.

__ Je découvre la plume de Sophie de Baere avec ce roman relatant les souffrances du jeune Paul dans les années 80 et à l’âge adulte dans les années 2000.
Je n’ai pas aimé sa famille, son père dentiste, chasseur et coureur de jupons, sa mère dépressive… Jamais ses parents ne sont décrits affectueusement par les mots « papa » et « maman », ici remplacés par « la mère », « le père ». Pas de chance pour son père, Paul est bègue.
A tire-d’ailes s’installe une froideur, une distance dans le temps présent, des non dits, ça fait froid dans le dos. On croirait parler des morts, on y lit le deuil et tous les deuils que nous rencontrons dans nos rapports avec les autres et suite à des révélations. Le danger guette : Dépression, alcoolisme, suicide, abandon…
La rencontre de Paul avec Joseph puis leurs balbutiements amoureux sont merveilleusement décrits par une plume sensuelle, charnelle et parfois crue. Le lecteur se réchauffe à leur contact. Malheureusement pas de cadeau de la part de la société qui humilie, punit, moque, exclut. Prétextes à la violence.
Une plume triste et témoin du manque de regard de l’autre, des mots de l’autre, du corps de l’autre, d’amour maternel et paternel, de confiance dans le couple qui bat de l’aile, de respect des différences, des homosexuels, d’un handicap…
Comment déployer ses ailes tandis qu’on ploit déjà sous le poids d’une vie, de la vie de ses parents ? Cela demande de l’énergie, du temps, de grandir. Une vie à attendre des nouvelles, à cajoler ses regrets, ses cicatrices, à refuser de grandir…. Se réconcilier avec son passé blessures ? Avec ses proches ? Pas si simple mais Sophie de Baere écrit le possible. Ce fut une bonne lecture, de celles qui remuent, merci Sophie pour votre message. 🙋 Merci !

« Elle ne parlait plus ou presque. Comme si elle avait épuisé tous les mots, et avec eux, tous les espoirs que le langage fait naître. »

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