Service presse

La nuit du hibou de Hye-young Pyun

304 pages.
Traduit du coréen par Lee Tae-yeon et Pascale Roux.

Tragique et mystérieux !

Amis lecteurs, amateurs de littérature coréenne, j’ai retrouvé avec plaisir cette auteure coréenne singulière dont j’avais lus et appréciés Le jardin et La loi des lignes. Ses personnages reclus, prisonniers d’eux-mêmes et blessés par le monde extérieur me passionnent. Dans La nuit du hibou, Hye-young Pyun prend le temps de nous immerger dans l’enfer d’un homme complexe rongé par son passé, en déséquilibre permanent, ce que je ne vous souhaite pas de connaître un jour dans votre vie. La vie, une question de sérénité dans une société malade : Possible ? Malheureusement, certains êtres humains éprouvent des difficultés à développer une saine intériorité et ce, dès l’enfance. 

« La peur coulait dans ses veines, au point qu’il n’avait plus aucun souvenir de lui-même dissocié d’elle. »

Habiter dans un bourg isolé de Corée du Sud peut-il guérir un homme enfermé dans sa folie ? Peut-il l’aider à appréhender sereinement son environnement et à le libérer de ses peurs ? La peur de l’autre, la peur de soi-même. In-su travaille comme gardien en lisière de forêt. Son quotidien est habillé de mystère, de visites improbables, de secrets avec d’autres habitants réels ou imaginaires, on ne sait plus très bien, de forêt et sous-sols interdits, d’angoisses infranchissables, de violences, de paranoïa, de disparitions inquiétantes, d’épouvante. Tout un monde dangereux. Mêlant l’absurde à l’étrange, le lecteur est torturé par des problématiques non résolues. Hye-young Pyun met habilement en garde contre une certaine fatalité, le déni, révèle l’importance de notre individualité, de notre santé, de notre développement personnel, afin de nous libérer de nos angoisses et de retrouver une certaine liberté dans le monde. Elle révèle l’incapacité des êtres humains à évoluer, restant dangereusement en lisière de forêt, coupables, honteux, impuissants !  Terrifiant. S’inventer des ennemis, des dangers, des prétextes, car il est trop douloureux d’aller à la rencontre de soi-même, ou chercher le calme, le silence et l’obscurité puis, tel le vieux hibou enfermé lui aussi dans son silence, se libérer enfin de ses peurs?

« La forêt était rassérénante et étouffante, comme l’utérus autour du fœtus. Douce et humide. Si agréable et si tendre qu’il aurait voulu ne jamais se réveiller. »

Les causes et les conséquences du fléau dont souffre In-su sont méticuleusement décrites par l’auteure, riches de messages pertinents. Elle dénonce le manque d’humanité de la société, au travail, en famille mais souligne la bienveillance de certains personnages. 

J’ai beaucoup aimé La nuit du hibou, une réussite mêlant plusieurs genres et donnant envie de découvrir d’autres écrits de l’auteure ! En complément de ma lecture, j’ai été accompagnée par Keulmadang Magazine spécial Polar coréen numéro 5. (Entretien de l’auteure)

Je rremercie les Éditions Rivages et Keulmadang Magazine pour leur confiance.

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