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Pars, le vent se lève de Han Kang

Traduit du Coréen par LEE Tae-yeon et Geneviève ROUX-FAUCARD

« Les dalles du trottoir étaient grises de gel et je ne cessais de glisser sur mes vieux talons usés. Pour garder l’équilibre, je sortis les mains des poches de mon manteau. Un vent aigu râpait ma peau, qui devenait toute rouge, mais je continuai à marcher en serrant les poings. Arrivée à quelques pas de l’arrêt de l’autobus, tout d’un coup, je me souvins de mon rêve…  » #incipit

Lire Han Kang dont j’ai aimé : « La vegetarienne »🖤, « Celui qui revient »🖤💔, « Leçons de Grec »❤️, « Blanc ».

Un roman d’une de mes autrices Coréennes chéries !
Je ne m’attendais pas à rencontrer une narratrice intéressée par la physique quantique, par l’astrophysique et capable de voir l’aura de quelqu’un ! D’un style très introspectif, pour relativiser les petites et grandes souffrances décrites dans ce livre, celles de Jeong-hee, la narratrice et traductrice pour des maisons d’édition, de Jin-su, son amie décédée et artiste peintre et de Kang Seok-won, oncle de Jin-su, personnage antipathique.

Thématiques chères à l’autrice : La maladie, les fragilités, la dépression, le suicide, le deuil, la mort, la solitude, l’autodestruction, l’art (surtout la peinture ici.), la brièveté de la vie (Lire le merveilleux livre intitulé « Blanc » pour découvrir cette conscience aigue chez l’autrice touchée dans sa vie personnelle, recueil de toute beauté dans un style très contemplatif)
La narratrice s’interroge sur la mort de son amie. Suicidée ? Pas sûre. Le vent représente pour moi son mental douloureux.

La vie sur terre a-t-elle un sens tandis que mon âme aspire à devenir transparente comme l’oiseau blanc ?

De la difficulté de vivre et de vieillir avec nos souvenirs.
De l’acceptation de la mort d’un être cher… De tous ces petits deuils du quotidien et de notre incapacité à vivre normalement.
Han Kang cajole ses personnages blessés, désincarnés, cloitrés, silencieux, artistes coupés du monde, d’une sensibilité rare, dans le petit geste du quotidien, ce que j’aime par-dessus tout. Sa partition étoilée respecte leurs silences avec délicatesse. Elle dévoile des qualités d’observation, les angoisses. 🧡

Se déguste à petites gorgées, avec lenteur et longueurs, complexe. Pour découvrir l’autrice ? Préférer « La végétarienne », « Celui qui revient ».

« Je bafouillerai peut-être. Je hurlerai peut-être. Je me cognerai avec mes mots… »

« C’est comme cela lorsque ma colère se prolonge. Elle brûle bas, comme les braises, alimentée par le trouble, l’impuissance et la souffrance. Elle n’échauffe pas ma tête mais la refroidit comme de la glace. »

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