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Je vais ainsi de Hwang Jungeun

Bonjour les adorables,

« Plus on espère, plus on est déçu, plus on souffre. »

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Traduit du coréen par Jeong Eun Jin et Jacques Batilliot. Aux éditions Zoé.

Un texte minimaliste inquiétant, dans lequel je ne me suis pas immergée facilement peut-être parce qu’il me manque cette connaissance de la langue coréenne afin d’en apprécier la parfaite traduction.
M’a rappelé Han Kang par moments, une de mes autrices adorées, pour son étrangeté, ses personnages féminins et ses influences bouddhistes. 🖤 Hwang Jungeun est considérée comme l’une des voix les plus talentueuses de la littérature contemporaine de la décennie 2010, en Corée du Sud. Première parution traduite en français chez les Editions Zoé. Merci beaucoup pour ce service de presse, Nelly! Joie de le découvrir.

« Je m’appelle So Ra. Le caractère chinois « ra » de So Ra désigne le persil. Au départ, mes parents voulaient prendre un autre « ra », qui signifie « fruit », mais mon grand-père qui était allé déclarer ma naissance à l’état civil avait commis une erreur. Il paraît qu’il aimait bien manger du persil, alors il ne s’agissait peut-être pas d’une erreur, mais de ses goûts personnels. » Incipit….
Trois narrations, celles de So Ra, de sa petite soeur Na Na, et de leur voisin Na Ki, alternant passé et présent.
Le père des deux fillettes est décédé à son travail de manière brutale alors qu’elles avaient neuf et dix ans, laissant leur mère Ae Ja autrefois pleine d’amour dans un profond désarroi. A cela se sont ajoutés des problèmes d’argent.
Maman rejette le monde et ses souffrances, tout est futile, rien n’a de sens puisqu’on disparaît un jour. Comment continuer à avancer dans la vie lorsqu’on est rempli de ces sentences maternelles ? Courage, ténacité, maîtrise des émotions tandis que la santé de maman décline.

« Nous ne pouvons pas parler, non parce que nous n’avons rien à dire, mais parce qu’il y aurait trop à dire, que nous en débordons. »

Si je te fais souffrir, je souffre aussi sinon je suis un monstre.
C’est ainsi.
Trois introspections pour une prise de conscience des violences subies ou infligées, de nos rôles de femme, de mère, de future maman (Beau passage de l’échographie, de cet autre cœur qui bat), du lien familial, dans une société broyeuse de rêves.
Humilité de ton, détachement.
Douces et sucrées les paroles de maman autrefois, les recettes de cuisine coréenne de la maman de Na Ki le voisin. Un réconfort pour les deux sœurs et le lecteur.
Je vais ainsi avec la souffrance que je m’inflige, que j’apprivoise, avec laquelle je m’habille et qui devient une seconde peau, cuir noir. Cette souffrance qui me permet de sortir du monde car je suis Ae Ja. La comprends-tu cette souffrance comme acte de résistance ? Silence mortifère, inquiétant peut-être. Est-ce ainsi qu’une femme avance ?
On se sent fragile et tout petit dans ce roman sentant bon la pâte de riz chaude. Ça fait du bien.
A lire au calme, à méditer. 🍚
« Moi qui garde dans la vie actuelle la trace d’une vie antérieure, je suis un être coriace. Un être acharné et tenace. »

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